Film Confinée

#Confinée#

Cette captation est réalisée grâce au soutien du Dôme Théâtre d’Albertville, pour le web média Savoie News.

Marion Alzieu a été invitée à s’exprimer, en tant qu’artiste, en mots et en danse, face à notre actualité de confinement et de pandémie mondiale.

Confinée, le dehors est devenu dangereux pour nos corps. Une grande gifle que donne la Nature à l’Humain. Elle s’attaque à notre paramètre essentiel, notre santé.
Ma fenêtre est devenue mon alliée et ma contrainte. Elle me laisse voir le dehors, mais je ne peux la franchir…
Comme si nos corps devaient disparaître, devenus seulement des chiffres de cas, contaminés, guéris…

En tant que danseuse, cet évènement qui nous ramène tous à la conscience de nos corps, de notre vulnérabilité physique, est troublant, peut-être inspirant…
Mais l’inspiration viendra plus tard…

Dans notre activité, artistes et sportifs aussi, nous avons l’habitude nécessaire de faire attention, prendre soin, essayer de ne pas tomber malade, développer l’écoute du corps, l’entraîner.
Avec le confinement, je me suis sentie d’autant plus dans la responsabilité de me créer une pratique d’entraînement avec des objectifs routiniers, pour « garder la pêche » et surtout pour prévoir l’intensité de la reprise et éviter les blessures.
Aussi pour assurer la suite, les prochains spectacles, les prochaines tournées et créations, même si on est dans l’incertitude de quand exactement on pourra reprendre.

J’espère que le public sera de nouveau au rendez-vous, plus enthousiaste et curieux que jamais, de retourner dans un théâtre, un cinéma, un musée… motivé à continuer à prendre soin de soi, par la culture et les émotions qu’elle transmet.

Ce manque d’espace, ce manque de place, ce manque de connexion humaine devient étouffant. Mais je prends ça comme une expérience pour se recentrer, se reconnecter à son propre rythme.
J’ai l’envie furieuse de danser, de créer, de monter sur scène. Ça bouillonne à l’intérieur. C’est aussi nécessaire et vital que de se nourrir. Mais cette situation me permet de découvrir d’autres chemins d’inspirations, de redécouvrir la valeur des petites danses de maison, à l’abri d’un public… C’est comme retrouver l’essence même de notre passion !

Pour qu’opère une mutation générale, je suis persuadée que ça commence par une mutation individuelle. Mon espoir pour la suite, serait que cet évènement réveille les consciences sur la nécessité de se re-questionner, de changer nos modes de vie, de consommation, de se reconnecter à notre corps, à nos actions et leurs valeurs, et notre place dans ce monde.
J’imagine que nous, artistes, nous avons ce potentiel, par l’art et par la culture, de donner à réfléchir, d’éveiller.

Comme beaucoup de penseurs l’ont affirmés, rien ne serait pire qu’un retour à la normalité, sinon cette crise n’aurait servi à rien. Je le crois aussi, alors si cette danse, peut vous donner la rage et la force de commencer à réfléchir à l’après…”

(Marion Alzieu pour Savoie News – 2020)