Alttaï

La compagnie Ma’, compagnie de danse contemporaine basée en Savoie depuis 2018, a engagé depuis cette date un développement de son activité sur le territoire savoyard.

Le paysage montagnard fait partie des sources créatives pour questionner mon langage chorégraphique. Le relief et le rapport de l’humain à la nature qu’il implique, me donnent des inspirations différentes quant aux rythmes du corps, à notre relation à l’espace, à nos mouvements et notre implication physique dans le paysage, selon l’aménagement, les obstacles.

Dans ce projet, mon envie est de collaborer avec deux univers nouveaux pour moi : la nature directe et la photographie.

Mon intention de réunir ces 3 milieux, est aussi venue de mon désir d’interroger la relation œuvres chorégraphiques et œuvres photographiques avec un public ciblé d’un territoire.

« Alttaï » est une référence à la chaine de montagnes asiatiques l’Altaï (en turc « montagnes dorées »). C’est une partie du monde qui m’a toujours fascinée par son foisonnement de paysages, ses reliefs très divers et son extrême pureté. Aussi, c’est le lieu originel du chamanisme, pratique spirituelle qui se base sur l’animisme. En connexion forte avec la Nature, les chamans mettent en place des rituels de guérison ou de protection, notamment à travers des danses rythmées.

Confronter la danse et l’architecture naturelle (montagnes, collines, plaines…) est un moyen poétique de se reconnecter à notre environnement ; s’interroger sur notre rapport à la nature, sa résonance et son impact en nous, dans nos gestes et nos sensations.

J’aspire à laisser la Nature devenir à la fois scène de performance et protagoniste à part entière de l’oeuvre artistique. Sans chercher à la modifier mais au contraire, j’ai l’envie de la sublimer telle qu’elle apparaît, et répondre de façon directe par le corps à ce qu’elle offre par sa puissance, ses courbes, ses lignes, ses reliefs, ses matières, ses dessins imposants.

D’autre part, le média photographique a une place prépondérante dans ce projet. Il apparaît comme le ré-unificateur de la danse et du paysage, dans sa capacité à capturer le dialogue Corps/Nature.

Aussi, le caractère non éphémère de la photographie me paraît important pour se reconnecter à notre capacité de contemplation : retrouver plus tard les clichés réalisés pendant la performance, permet de garder une trace des sensations vécues, de renouer avec un moment particulier.

Performance en milieu naturel pour une danseuse et un photographe

Chorégraphie et interprétation Marion Alzieu
Photographie Romain Blanchi

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