Chorégraphie et interprétation Marion Alzieu
Composition et musique live Michael Avron
Création lumières Tanguy Gauchet
Costumes Isabelle

Création octobre 2017 PimOff (Milan, Italie)
Durée 55 minutes

Contact production et diffusion
Aude Jacquemond
diffusionciema@gmail.com

Calendrier de tournée

2017
24 octobre – Théâtre PimOff – Milan (Italie)

Soutiens

PimOff (Milan, Italie)
CDC L’Echangeur de Chateau-Thierry avec le dispositif de studio libre
Derida Dance Center (Sofia, Bulgarie)
Grand Studio (Bruxelles, Belgique)

 

« Le lien, pour Platon, est la beauté, ou accord de la forme, selon le genre ; pour Socrate, c’est la suprême vénusté de l’esprit, pour Timée une tyrannie de l’âme, pour Plotin un privilège de nature, pour Théophraste une tromperie silencieuse, pour Salomon un feu caché, des eaux furtives, pour Théocrite quelque ivoire dilapidé, pour Carnéade un règne tourmenté ; pour moi, c’est une tristesse gaie, une gaîté triste » (Giodano Bruno)

C’est l’ère de l’intermédiaire. Des toiles arpentent l’univers, établissant des liens sans humanité. La technologie facilite, modernise mais désocialise. Des voix se parlent, des images se montrent et le manque demeure. On s’éloigne l’un de l’autre pour en jouir.
Comment alors, dans cette société qui devient sans fil, seulement réseau et ondes, pouvons nous rester relié au présent, à la réalité spontanée ? Comment appréhender l’autre dans ce monde qui grésille et qui fuse? Une relation, amicale, amoureuse, familiale, peut-elle être véritable sans face à face ? Sans corps à corps ?
« W » est un échange entre danse et musique. Comment amener ce dialogue si souvent mis en scène, et peut-être évident, dans une nouvelle rencontre pour poser la question du lien. Cette pièce interrogera ces deux médias pour flouter la frontière entre spectacle et concert. La musique accouple nos cœurs, comment le rendre évident dans une mise en scène chorégraphique.
Nos liens qui deviennent « sans fil » se matérialisent dans un brouhaha de liaisons, comme une scène de concert qui serait la métaphore d’un énorme ordinateur, un cerveau. Premier lieu où s’enclenchent nos liaisons, nos souvenirs, notre mémoire, nos images, notre réalité, nos relations.
Dans cet univers, l’envie est de briser le silence de l’autre pour se relier. L’audible et le palpable deviennent nécessaires.
Rendre visible les liens qui nous entourent, nous unissent, comme pour aller dans l’intimité même de ces sentiments qui nous rapproche de l’autre. Donner à voir ce réseau grouillant pour explorer la profondeur de ces relations. Jusqu’où vont-elles ? Comment arrive le manque ? Le manque de voir, de se connecter en toucher ?
Aller au-delà du lien avec nos savoirs, les distordre pour que la liaison soit moins évidente, moins facile, s’acharner à trouver l’autre. Comme une zone où il n’y aurait pas de réseau en quelque sorte… Réfléchir le monde à partir des liens qui s’y développent, c’est aussi se donner l’occasion d’être attentif à la fois à ses variations ou à sa diversité et à son unité ou sa consistance.